Guide d'autodéfense numérique

Les disques actuels réorganisent leur contenu « intelligemment » : une partie du disque est reservée pour remplacer des endroits qui deviendraient défectueux. Ces opérations de remplacement sont difficilement détectables, et on ne peut jamais être vraiment sûr que l’endroit sur lequel on réécrit trente fois est bien celui où le fichier a été écrit initialement…

Pour les clés USB et les disques SSD (Solid State Drive), on est même sûr que dans la plupart des cas on réécrit à un endroit différent. La mémoire flash, utilisée par les clés USB et les disques SSD, arrête de fonctionner correctement après un certain nombre d’écritures1, et ces derniers contiennent des puces chargées de réorganiser automatiquement le contenu pour répartir les informations au maximum d’endroits différents.

En prenant en compte ces mécanismes, il devient difficile de garantir que les données que l’on souhaite détruire auront bien disparu.

Néanmoins, ouvrir un disque dur pour en examiner les entrailles demande du temps et d’importantes ressources matérielles et humaines… investissement qui ne sera pas forcément à la portée de tout le monde, tout le temps.

Pour les puces de mémoire flash d’une clé USB ou d’un disque SSD, même si ce n’est pas non plus immédiat, l’opération est beaucoup plus simple : il suffit d’un fer à souder, et d’un appareil permettant de lire directement les puces de mémoire. Ces derniers se trouvent pour environ 1 500 dollars2.


  1. Les modèles bas de gamme ne fonctionneront plus correctement après avoir été écrits cent mille fois, et cinq millions pour les meilleurs. D'après Wikipédia, 2014, Solid-state drive.

  2. Le Salvation Data Flash Doctor ou encore le PC-3000 Flash SSD Edition sont tous les deux vendus comme des outils professionnels de recouvrement de données sur des périphériques flash endommagés (liens en anglais).