Guide d'autodéfense numérique
  1. Angle d’attaque : la police a le droit d’exiger que vous lui donniez accès aux informations chiffrées, comme expliqué dans le chapitre consacré à la cryptographie.
  2. Moyens nécessaires : suffisamment de persévérance dans l’enquête pour appliquer cette loi.
  3. Crédibilité de l’attaque : encore faut-il que la police considère pouvoir trouver des éléments à charge sur l’ordinateur, avec suffisamment de foi pour pousser le bouchon jusque-là. Dans le strict cadre de l’enquête qui part du gramme de shit, c’est peu probable, mais pas du tout impossible.

Si la police en arrive à exiger l’accès aux données chiffrées, se posera, en pratique, la question suivante : les informations contenues dans l’ordinateur font-elles encourir plus de risques que le refus de donner la phrase de passe ? Après, c’est selon comment on le sent. Céder, dans cette situation, ne remet pas en cause tout l’intérêt de chiffrer, au départ, son disque dur : ça permet tout au moins de savoir ce qui a été dévoilé, quand, et à qui.

Ceci dit, il peut être bon de s’organiser pour vivre de façon moins délicate une telle situation : le nouvel objectif pourrait être d’avoir un disque dur suffisamment « propre » pour que ce ne soit pas la catastrophe si on cède face à la loi, ou si le système cryptographique utilisé est cassé.

Comme premier pas, il est souvent possible de faire un compromis concernant l’accessibilité, pour des fichiers concernant des projets achevés dont on n’aura pas besoin souvent ; on traitera ceci dans le cas d’usage sur l’archivage, qu’il pourra être bon d’étudier après celui-ci.

Ensuite, c’est toute la question de la compartimentation qui se pose ; en effet, s’il est possible d’augmenter globalement, de nouveau, le niveau de sécurité de l’ensemble des activités pratiquées… ce serait trop pénible à l’usage. Il convient donc de préciser les besoins respectifs, en termes de confidentialité, de ces diverses activités. Et, à partir de là, faire le tri et décider lesquelles, plus « sensibles » que les autres, doivent bénéficier d’un traitement de faveur.

Le prochain cas d’usage étudiera de tels traitements de faveur, mais patience, mieux vaut pour l’instant terminer la lecture de celui-ci !