Guide d'autodéfense numérique

D'autres entreprises s'intéressent à ce qui se passe sur Internet pour préserver leurs intérêts. Cela va de la lutte menée par l'industrie de l'audiovisuel contre le téléchargement illégal à la veille technologique : les entreprises observent et analysent en temps réel et de manière automatisée des centaines de sources (sites d'actualité, bases de dépôt de brevets, blogs d'experts...) afin de connaître rapidement les dernières avancées technologiques et de rester les plus compétitives possible.

Les entreprises sont loin d'être les seules à scruter Internet. Les États, de la justice aux services secrets en passant par les différents services de police sont même certainement les plus curieux.

De plus en plus de pays mettent en place des lois visant à rendre possible l'identification des auteurs de toute information qui circule sur Internet1.

Mais cela va plus loin encore. Les agences de renseignement et autres services secrets ne se contentent plus d'espionner quelques groupes ou personnes qu'elles considèrent comme des cibles. À la limite de la légalité, la NSA, agence de renseignement états-unienne, collecte « toutes sortes de données sur les personnes – nous pensons que cela concernerait des millions de personnes »2. Parmi ses objectifs : « examiner “ quasiment tout ce que fait un individu sur Internet ” »3 et établir un graphe social, c'est-à-dire « le réseau de connexions et de relations entre les gens »4. « "En général, ils analysent les réseaux situés à deux degrés de séparation de la cible." Autrement dit, la NSA espionne aussi ceux qui communiquent avec ceux qui communiquent avec ceux qui sont espionnés »5.

Les services de renseignement français disposent désormais d'un arsenal de lois qui leur permettent d'effectuer des analyses sur l'ensemble du trafic Internet ou sur des personnes ciblées en toute légalité, en France6 comme à l'étranger 7.