Guide d'autodéfense numérique

Pour commencer, deux définitions :

  • l'anonymat, c'est ne pas laisser apparaître de nom ;
  • le pseudonymat, c'est choisir et utiliser un nom différent de son nom civil.

De par son fonctionnement, il est très difficile d'être anonyme ou de rester un pseudonyme sur Internet.

Pseudos

Un pseudo, c'est une identité qui n'est pas celle assignée à un individu par l'état civil. On peut choisir de se faire appeler « Spartacus », « Amazone enragée », « Zigouigoui », ou même « Jeanne Dupont ». En conservant un même pseudonyme lors de différents échanges, nos interlocuteurs auront de bonnes chances de penser que les divers messages écrits par ce pseudo viennent de la même personne : ils pourront alors nous répondre, mais ne pourront pas venir nous casser la gueule en cas de désaccord.

Il faut néanmoins être conscient lors du choix d'un pseudonyme que celui-ci peut en lui-même être un indice qui permet de remonter à la personne qui l'utilise, au moins pour les personnes qui connaissent déjà ce pseudonyme par ailleurs.

Identité contextuelle

En reprenant le fil de notre histoire introductive, l'identité contextuelle correspondrait à « une ou plusieurs personnes publiant des informations sur le Maire du 10ème arrondissement », et la personne physique à Benoît.

Que l'on discute avec des personnes avec qui on partage la passion de l'escalade, ou de notre projet professionnel avec un agent Pôle Emploi ou encore avec notre banquier, la teneur des propos, la manière dont on en parle n'est pas la même. D'un côté on sera plutôt exaltée, aventureuse, de l'autre plutôt sobre, sérieuse... on peut donc parler d'identité contextuelle.

Il en va de même lors de l'utilisation d'un ordinateur : quand on poste un message sur un forum de rencontre, quand on annonce une grosse soirée sur son compte Facebook ou quand on répond à un email de papa, on fait appel à différentes identités contextuelles. Celles-ci peuvent bien évidemment être mélangées et donc rejoindre une même identité composée des trois identités contextuelles mobilisées ci-dessus, la célibataire, la fêtarde, la fille de. Elles sont en définitive toutes constitutives des personnalités de leur propriétaire.

Une identité contextuelle est donc un fragment d'une « identité » globale censée correspondre à une personne physique, ou à un groupe. Tout comme une photographie est un instantané d'une personne ou d'un groupe, sous un certain angle, à un certain âge, etc.

Être absolument anonyme sur Internet, c'est très compliqué : comme on l'a vu, de nombreuses traces sont enregistrées via le réseau lors de son utilisation. Ce phénomène est d'autant plus vrai avec les médias sociaux pour lesquels la génération d'une identité unique et traçable est un fond de commerce1. Il est impossible de ne laisser aucune trace, mais il est peut-être possible de laisser des traces qui ne ramènent nulle part.

On rencontre des difficultés similaires lorsqu'on fait le choix du pseudonymat : plus on utilise un pseudo, plus les traces qu'on laisse s'accumulent. Des petits indices qui, une fois recoupés, peuvent permettre de révéler l'identité civile qui correspond à un pseudonyme.